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Métré peinture : la méthode

Le métré peinture, surface par surface : ce qui se déduit, ce qui ne se déduit jamais, et comment les couches et les subjectiles changent le résultat.

En peinture, tout le monde sait mesurer un mur. Le désaccord commence après : faut-il déduire la porte, compter les deux faces du tableau de fenêtre, facturer le plafond au même prix que la cloison.

Le métré peinture est un métré de surfaces, mais ce sont les règles de déduction et le nombre de couches qui décident du résultat final. Deux entreprises peuvent mesurer la même pièce et sortir deux quantités différentes sans qu'aucune ne se trompe, simplement parce qu'elles n'appliquent pas la même convention.

La surface se compte par local et par support

La première erreur est de sortir un chiffre global pour tout le chantier. Une surface de peinture n'a de sens que rattachée à un local et à un support.

Par local, parce que le temps de travail change avec l'accessibilité. Une cage d'escalier ne se peint pas au même rythme qu'un plateau vide.

Par support, parce que le fond commande la préparation. Plâtre neuf, ancien papier peint, bois, métal, béton brut : ce ne sont ni les mêmes produits d'impression ni les mêmes temps.

Par nature d'ouvrage, enfin : murs, plafonds, boiseries, menuiseries, éléments métalliques. Chacun sa ligne, chacun son prix. Un plafond vaut toujours plus cher au mètre carré qu'un mur, et un métré qui les mélange interdit de le faire apparaître.

Ce qui se déduit, et ce qui ne se déduit jamais

C'est le coeur du sujet, et la source de la plupart des litiges avec un client.

Les grandes surfaces non peintes se déduisent. Une baie vitrée, un mur entier de placards, une trémie. Au-delà d'un certain seuil, garder ces surfaces gonfle artificiellement le devis.

Les petites ouvertures ne se déduisent pas, ou pas entièrement. Une porte intérieure oblige à découper, à travailler au pinceau sur tout son pourtour, à reprendre les angles. La surface disparaît, mais le travail augmente. La déduire intégralement revient à s'appauvrir sur le poste le plus lent.

Les tableaux et les retours se comptent à part. L'épaisseur d'un mur au droit d'une fenêtre est une surface peinte, étroite et lente. Elle se relève en développé, pas en surface frontale.

Les plinthes, corniches et habillages suivent la même logique : ils se comptent au mètre linéaire, séparément du mur.

La règle de fond : fixez votre convention, écrivez-la dans le devis, et appliquez-la partout. Un client accepte une règle claire. Il n'accepte pas une règle qui change d'une pièce à l'autre.

Les couches multiplient la surface, pas le métré

Une surface se mesure une fois. Elle se peint deux ou trois fois.

Le métré donne la surface géométrique. Le chiffrage applique ensuite le nombre de passes : impression, sous-couche, première et deuxième couche de finition. Confondre les deux conduit à l'une des deux erreurs classiques : soit on multiplie la surface au métré et on ne s'y retrouve plus, soit on oublie une passe et la marge part avec.

Gardez donc une quantité de surface et, à côté, une composition d'ouvrage qui porte les passes, le produit et le temps. C'est ce que permet une bibliothèque d'ouvrages tenue par un logiciel économiste de la construction : la surface ne bouge pas, la composition évolue avec le niveau de finition demandé.

Le niveau de finition change tout

Une même surface, avec le même produit, n'a pas le même prix selon le degré de finition attendu.

Un fond simplement d'aspect courant n'exige pas le même travail préparatoire qu'un fond destiné à une lumière rasante. Entre les deux, il y a du rebouchage, de l'enduisage, du ponçage, parfois un enduit repassé sur toute la surface.

Cette information ne se lit jamais sur le plan. Elle se lit dans les pièces écrites du marché. Sur une consultation, c'est le dossier de consultation des entreprises qui fixe le niveau attendu, et c'est lui qu'il faut avoir lu avant de commencer à compter.

La préparation, poste invisible et poste décisif

En rénovation, la préparation dépasse souvent la peinture elle-même.

Le décollage de l'ancien revêtement se compte en surface, avec un rendement qui dépend de ce qu'on trouve dessous.

Le rebouchage et le ratissage se comptent en surface aussi, mais séparément, sinon ils disparaissent dans un prix moyen qui ne veut plus rien dire.

Le traitement des fissures se compte au mètre linéaire.

La protection des sols, des menuiseries et du mobilier n'est ni de la surface peinte ni du temps caché : c'est un ouvrage, et il se chiffre.

Tant que ces quatre postes sont noyés dans le prix du mètre carré peint, personne ne sait quelle partie du chantier a coûté cher.

Du métré au prix de revient

Une fois les surfaces établies par local, par support et par nature d'ouvrage, chaque ligne rencontre son coût : produit, temps de pose, matériel. C'est le calcul du déboursé sec bâtiment.

En peinture, le poste dominant est presque toujours la main d'oeuvre, pas le produit. Un rendement mal estimé pèse donc bien plus lourd qu'une erreur de prix d'achat sur un pot. C'est aussi pourquoi les temps unitaires doivent venir de vos chantiers, pas d'un barème général.

Mesurer sur le plan plutôt que sur le mur

Relever une pièce au mètre laser reste indispensable en rénovation. Mais sur un projet neuf ou une réhabilitation documentée, les surfaces existent déjà sur les plans.

Les relever directement à l'écran, local par local, évite la double saisie et garde la trace de ce qui a été mesuré. C'est ce que fait un logiciel de métré sur plan PDF : on trace une surface, elle porte son nom de local, et elle part vers le chiffrage sans être retapée.

Questions fréquentes

Faut-il déduire les portes et les fenêtres ?

Au-delà d'une certaine taille, oui. En dessous, non, car le travail de découpe reste à faire. L'essentiel est d'écrire votre seuil dans le devis et de vous y tenir sur tout le chantier.

Comment compter un plafond par rapport à un mur ?

Même unité, prix différent. Le travail au plafond est plus lent et plus fatigant. Les séparer dans le métré est la seule façon de le faire apparaître dans le prix.

Le nombre de couches fait-il partie du métré ?

Non. Le métré donne la surface, une seule fois. Les couches appartiennent à la composition de l'ouvrage, au moment du chiffrage.

Comment chiffrer quand le support est inconnu ?

En posant une hypothèse écrite et en la mentionnant dans le devis. Un support découvert en cours de chantier devient alors un avenant discutable, pas une perte sèche.

Et les petites surfaces isolées ?

Elles se comptent à part. Un rendement calculé sur des grandes surfaces ne s'applique pas à une reprise d'un mètre carré dans un couloir.


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