Le CCTP, cahier des clauses techniques particulières, décrit ce que l'entreprise doit réellement construire : les ouvrages, les matériaux, la mise en œuvre et les contrôles, lot par lot. Si le prix s'écrit dans la DPGF, c'est dans le CCTP que se trouve ce qu'il faut chiffrer.
C'est aussi la pièce que l'on lit le plus vite. Elle est longue, rédigée en phrases courtes et techniques, et chacune peut ajouter une ligne de coût que le bordereau ne prévoit pas. Voici comment lire un CCTP article par article, quels mots surveiller, et comment le relier au chiffrage.
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Qu'est-ce qu'un CCTP, et où se place-t-il dans le dossier ?
Le CCTP est l'une des pièces du dossier de consultation des entreprises. Il existe en général un CCTP par lot, rédigé par le maître d'œuvre ou par le bureau d'études du lot. Il complète le CCAP, qui fixe les règles administratives (pénalités, garanties, délais), et il s'appuie sur les plans.
Le CCTP répond à une seule question : quelle prestation exactement, avec quels matériaux, selon quelles règles de l'art. Quand il se heurte à une autre pièce, c'est la liste de priorité du dossier qui tranche, pas la logique du chantier.
Ce que contient un CCTP, article par article
Le plan change d'un rédacteur à l'autre, mais on retrouve presque toujours cinq blocs.
- Les généralités du lot : la consistance des travaux, les limites de prestations avec les autres lots, les documents de référence.
- Les matériaux et produits : marques, performances, certifications exigées.
- La mise en œuvre : l'ordre des opérations, les tolérances, les conditions de pose.
- Les contrôles et essais : ce qui est vérifié, par qui, à quel moment.
- Les documents à remettre : fiches techniques, notices, plans de récolement.
Un CCTP n'est donc pas une description de principe. C'est une liste d'engagements, et chaque verbe y est une action à réaliser.
CCTP, CCTG et DTU : qui dit quoi ?
Le CCTP ne se lit jamais seul. Selon le marché, il renvoie à un CCTG, le cahier des clauses techniques générales, qui rassemble les règles techniques communes à un type de travaux. Il renvoie aussi aux DTU, qui décrivent les règles de l'art d'une famille d'ouvrages : plomberie, peinture, étanchéité, couverture.
Le CCTP précise ce qui s'applique à CE chantier. Il retient certaines règles générales, en complète d'autres, en écarte parfois. Pour le lire correctement, il faut donc savoir quel référentiel il invoque : une part des exigences s'y trouve sans être réécrite dans le CCTP.
Les mots du CCTP qui engagent
Quatre formules reviennent d'un CCTP à l'autre, et chacune déplace un coût.
- « Y compris… » : ce qui suit est dans votre prix, qu'il apparaisse ou non dans la DPGF.
- « Fourniture et pose » : vous achetez et vous posez. Sans la fourniture, le matériau est apporté par un autre, et la ligne change de nature.
- « Ou équivalent » : la référence citée n'est pas imposée. Vous pouvez proposer un autre produit, à condition de montrer qu'il atteint les mêmes performances.
- « Selon les règles de l'art » : le texte renvoie à un référentiel, DTU ou norme, qu'il faut aller lire, dans sa version en vigueur.
Les pièges d'un CCTP
Le dossier de consultation a ses propres zones de risque, détaillées dans notre article sur le DCE. Le CCTP en a d'autres, plus discrètes.
- Les renvois à un référentiel sans version. « Conformément au DTU applicable » : lequel, dans quelle édition ? Les exigences peuvent changer d'une édition à l'autre, et le prix avec.
- Les performances sans produit. Le texte fixe un niveau à atteindre sans nommer de référence. Le choix du produit vous revient, et c'est lui qui fait le prix.
- Les échantillons, planches d'essai et prototypes. Ils sont demandés en une ligne, ils se paient en temps et en matière.
- Les conditions d'intervention. Site occupé, horaires restreints, phasage imposé : rien de tout cela n'est un ouvrage, tout cela coûte.
- Les documents à remettre. Notices, fiches, plans de récolement s'accumulent pendant tout le chantier. Un logiciel DOE les rassemble au fil de l'eau plutôt que la semaine de la réception.
Lire un CCTP en cinq étapes
- Repérer les limites de prestations. Ce qui est dans votre lot, ce qui est dans celui d'à côté.
- Marquer les verbes et les formules qui engagent. « Y compris », « fourniture et pose », « ou équivalent ».
- Lister les référentiels cités, avec leur édition.
- Pointer chaque article sur une ligne de la DPGF. Un article sans ligne est un coût à ajouter au prix.
- Écrire les questions à poser à la maîtrise d'œuvre pendant la consultation. La réponse vaut pour tous les candidats.
Sur un lot de plomberie, ce travail porte sur les réseaux, les raccordements, le calorifuge et les essais. Les quantités se relèvent ensuite poste par poste : c'est la méthode du métré plomberie. Sur un lot de peinture, il porte sur les supports, les préparations, le nombre de couches et les finitions, puis sur les surfaces, avec le métré peinture.
Du CCTP au chiffrage
Les lignes que vous venez de relever servent deux fois. Elles donnent les quantités et les prix, et elles nourrissent le mémoire technique appel d'offres : la méthodologie et les moyens répondent au CCTP point par point. Quand les deux travaux partent de la même lecture, le prix et le mémoire disent la même chose.
C'est cette lecture que NISCO, notre assistant d'étude, prend en charge. Un logiciel CCTP comme NISCO lit le CCTP, puis le règlement de consultation, le CCAP, la DPGF et les plans. Il relève les points à risque en indiquant la pièce et la page, pour que vous puissiez vérifier vous-même. Votre jugement de métier reste le vôtre : l'outil vous évite de chercher.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le CCTP et le CCAP ?
Le CCTP est technique : il dit quoi construire, avec quoi et comment. Le CCAP est administratif et contractuel : il fixe les délais, les pénalités, les paiements et les garanties.
Y a-t-il un CCTP pour chaque lot ?
En général, oui : un CCTP par lot, parfois regroupés sur les petits marchés. La liste des pièces figure dans le règlement de consultation et dans l'acte d'engagement.
Qui rédige le CCTP ?
Le maître d'œuvre, souvent avec des bureaux d'études spécialisés. L'entreprise ne le modifie pas : elle pose ses questions pendant la période de consultation.
Comment relier le CCTP et la DPGF ?
En pointant chaque article du CCTP sur une ligne du bordereau. Les articles qui n'ont pas de ligne correspondante sont les prestations à ajouter à votre prix.
Un logiciel peut-il lire un CCTP ?
Il peut parcourir les pièces, relever les prescriptions et signaler les points à risque en citant la page. La décision de chiffrer, de poser une question ou de proposer un équivalent reste celle de l'économiste ou du conducteur de travaux.

